LHistoire d'une ville Médiévale...

Robert Ier de Dreux

BRIE-COMTE-ROBERT autrefois appellé BRADEIA

 

Dès les premiers temps préhistoriques, la présence humaine est attestée, sur le territoire de la commune, par la découverte de nombreux silex taillés : lames, haches, grattoirs et autres outils lithiques.

 

BRIE, autrefois BRADEIA, est évoquée dès le VIème siècle par le poète Fortunat dans sa vie de Saint-Germain. Elle constitue alors un véritable village ou "vicus", qui devait sans doute son importance à l'existence d'un marché agricole.

La petite cité est vraisemblablement concentrée autour de son marché et près de son cimetière et son église primitive, dont les vestiges ont été mis à jour, en 1991, sous l'actuelle place Gauthier. Cette petite église était peut-être dédiée à Notre-Dame.

 

Château de Brie

Sur le plan politique, l'agglomération et le domaine agricole qui l'entoure, dépendent, comme de nombreux fiefs ruraux en Ile-de-France, de l'Evêque de Paris.

 

Au XIIème siècle, la ville, qui se nomme alors BRAIA, doit représenter un lieu d'échanges suffisamment important, pour exciter la convoitise du roi de France : Louis VI achète probablement la plus grande partie du territoire à l'Eglise de Paris car nous voyons alors ce fief de Brie dépendre de deux suzerains à la fois : le Roi et l'Evêque de Paris. Avant sa mort, le roi Louis VI donne la terre de Brie à son fils cadet Robert qui reçoit par ailleurs le Comté de Dreux, aux portes de la Normandie.

 

ROBERT Ier COMTE DE DREUX est le premier grand seigneur de notre cité. Preux chevalier, il participe à la seconde Croisade avec son frère aîné, le roi LOUIS VII. C'est lui qui fait construire le château pour asseoir son autorité sur les terres seigneuriales et protéger le marché. Il meurt en 1188.

 

Son fils, ROBERT II DE DREUX, devient Seigneur de Brie à la mort de sa mère Agnès de Baudemont, en 1202. Cousin germain de PHILIPPE-AUGUSTE, Robert II combat à Bouvines en 1214, participe à la 3ème Croisade et aux luttes contre les Plantagenêt.

 

Hôtel-Dieu en 1901

Il commence probablement à édifier l'église Saint-Etienne et il fonde en 1207 l'Hôtel-Dieu. Robert II signe une charte, en 1208, avec l'Evêque de Paris, permettant de régir les rapports quotidiens entre le seigneur de Brie, possesseur de la plus grande partie de la ville, et l'Eglise qui en avait conservé un quartier.

 

Cette charte qui réglait des problèmes juridiques de coexistence de deux populations, traitait également du partage entre elles des taxes à percevoir sur le marché, de la marche des moulins banaux, de l'édifice des murailles de la ville, ... Il meurt en 1218 laissant le domaine de Brie à sa veuve Yolande de Coucy qui disparaît elle-même en 1222.

 

ROBERT III, dit "Gateblé", succède à sa mère. Il doit prendre les armes contre son frère, Pierre de Dreux, dit "Mauclerc", rebelle au roi Louis VIII et à Louis IX enfant. "Preux, hardi et de grande science", il s’éteint en 1233. Son frère Pierre Mauclerc hérite de la terre de Brie. Celui-ci est Comte de Bretagne par son mariage avec Alix de Bretagne. Revenu de ses erreurs, il se montre dévoué à la couronne, et accompagne Louis IX à la 7ème Croisade. Blessé à Mansourah en 1250, il meurt en mer sur le chemin du retour.

 

Après Pierre Mauclerc, la terre de Brie reste dans la famille de Bretagne jusqu' à ce que Marguerite d’Artois, fille de Blanche de Bretagne et de Philippe d’Artois, la reçoive en dot de sa mère et l’apporte à Louis d’Evreux, frère de Philippe le Bel, qu’elle épouse en 1300.

Marguerite d'Artois meurt en 1311, la châtellenie de Brie échoit à Louis d'Evreux qui, à sa mort en 1319, la lègue en bien propre, à sa fille aînée JEANNE D'EVREUX.

C'est vers les années 1320 que l'on trouve dans les archives le nom de BRAYA COMITIS ROBERTI c'est à dire Brie du Comte Robert (de Dreux), peut-être pour la différencier de BRAY-SUR-SEINE.

 

JEANNE D'EVREUX est une des figures les plus marquantes de l'histoire de Brie. Arrière-petite-fille de Saint-Louis, nièce du "roi de fer" Philippe le Bel, elle épouse le 11 mai 1326 son cousin germain CHARLES IV LE BEL, dernier capétien direct. Celui-ci meurt à 34 ans, en 1328, laissant à sa jeune veuve deux filles Marie et Blanche, écartées du trône par la loi salique. Durant son long veuvage, Jehanne d'Evreux se retire, entre autres, au château de Brie. Elle y fait édifier un hôtel seigneurial où elle meurt à 69 ans le 4 mars 1370.

Ecoutée et respectée, elle conserve une influence politique certaine. Elle intervient à plusieurs reprises dans le conflit qui oppose son neveu Charles le Mauvais, roi de Navarre, petit fils de Louis X le Hutin, aux rois de France Jean II le Bon et Charles V.

Mécène éclairé, Jeanne d'Evreux soutient les artistes de son temps. Elle n'est sans doute pas étrangère à la conclusion du mariage, célébré à Brie en 1349, entre sa nièce Blanche de Navarre âgée de 18 ans et le déjà vieux roi Philippe VI de Valois qui en avait 58.

 

Au XIVème siècle apparaissent les premiers textes descriptifs de la configuration de la ville, que sont les registres de perception des impôts, ou "censiers".

Brie-Comte-Robert est alors une ville close de murailles, pourvue de six portes et de nombreux faubourgs qui s'alignent au long de tous les chemins convergeant vers la cité.

A la mort de la Reine Jehanne d'Evreux, la seigneurie de Brie passe à sa fille BLANCHE DE FRANCE, épouse de Philippe duc d'Orléans, frère du roi JEAN II le Bon. Veuve sans enfants en 1375, elle fait de son cousin Charles V l'héritier de ses biens, tout en en conservant l'usufruit jusqu'à sa mort en 1393. Charles VI en hérite à la mort de son père en 1380 et la donne en apanage à son frère LOUIS D'ORLEANS, qui en prend effectivement possession en 1393.

 

La GUERRE DE CENT ANS épargne Brie durant les premières années et la reine douairière Jehanne d'Evreux vient y résider fréquemment. Durant les dernières années de sa vie, elle accueille au château le duc de Bourgogne Philippe le Hardi et le roi Charles V. Ceux-ci continuent à séjourner épisodiquement au château, alors que Louis d'Orléans en a pris possession, y dépose une partie de son argent et y organise des tournois. Après l'assassinat de Louis d'Orléans en 1407, la guerre civile déchire la France entre Armagnacs, tenants des Orléans, et Bourguignons, partisans de la famille de Bourgogne. Brie échoit à CHARLES D'ORLEANS qui est fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, en 1415, par le roi d'Angleterre Henry V, puis emmené en captivité outre-Manche. Il y restera vingt-cinq ans. Son château de Brie est dès lors fréquenté par les Bourguignons : Jean Sans Peur y passera en 1418.

En exécution du traité de Troyes de 1420, à la mort du roi fou Charles VI, Henri VI d'Angleterre est proclamé roi de France et Brie-Comte-Robert est donnée en douaire, en 1424, à ISABEAU DE BAVIERE, la triste veuve de Charles VI.

 

Les Anglais occupent l'Ile de France et la Normandie. Les archives révèlent que dans les années 1430 "la dicte ville et église avaient été pillées par les dicts anglais par quatre diverses fois en quatre ans". Le 5 septembre 1430, le Comte de Stafford, parti de Paris, vient assiéger Brie. Enguerrand de Monstrelet nous rapporte dans sa chronique "qu'il prit d'assaut la ville par le moyen de laquelle se rendit la forteresse du dit lieu qui était moult forte". La ville est confiée à la garde anglaise du capitaine Guillaume de Ferrière jusqu'en 1435 où l'ensemble du domaine est racheté aux Anglais par le duc de Bourbon.

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La ville souffre encore de la Praguerie, révolte menée par le Dauphin Louis, futur Louis XI, contre son père Charles VII. Celui-ci commande, en 1440, que la ville soit reprise en son nom.

 

   Revenu de captivité en 1440, Charles d'Orléans rentre en possession de sa terre de Brie et de son château. La seigneurie restera dans la famille d'Orléans jusqu'à ce que le roi LOUIS XII, fils de Charles d'Orléans, le rattache à la couronne en 1498. Louis XII crée, en 1514, trois foires annuelles dans la ville.

 

   FRANCOIS 1er monte sur le trône en 1515. Il confie, dès 1522, la ville de Brie à des seigneurs dits "engagistes" le roi mettait son domaine "en gage" auprès de proches de son entourage contre une somme d'argent. Le seigneur engagiste était surtout intéressé par le revenu des terres, négligeant souvent l'entretien des bâtiments.

 

   Dans la longue liste de ces seigneurs engagistes on relève les noms des PONCHERS de 1522 à 1528; de l'Amiral Philippe de CHABOT, seigneur de Brion; du Maréchal Caraccioli et de son gendre Jean-François d'Aquaviva, duc d'Atry, en 1547; de Marie de Pierrevive, Dame du Perron; et des Gondi.

           De 1600 à 1613, on trouve Balthazard Gobelin, un commensal d'Henry IV, qui fait quelques travaux pour "recoustrer" le château: il accueuille, en 1609, le Dauphin Louis, futur Louis XIII. Le jeune roi, sur le cheminde Fontainebleau, fait encore une étape mouvementée à Brie en 1612.

          En 1649, la ville participe à la FRONDE, ce soulèvement du peuple de Paris, du Parlement et des Princes, contre Mazarin, la Régente Anne d'Autriche et le petit roi Louis XIV. Brie est occupé par les frondeurs parisiens afin d'assurer le ravitaillement de la capitale bloquée par Condé et ses 15.000 hommes. Les troupes royales - 15.000 hommes d'infanterie et 800 cavaliers - commandées par le Comte de Grancey, viennent assiéger la ville, enfermée dans ses remparts. Celle-ci est prise le 27 février. Cinquante maisons sont brûlées et les frondeurs, réfugiés dans le château, capitulent devant les deux canons du Comte de Grancey. La même année, le château est démentelé pour ne plus servir de refuge à la rébellion.

 

         Les seigneurs engagistes se succèdent jusqu'en 1766 avec des grands noms de la noblesse de robe, les BRUSLARD, les BULLION, les DE MESMES et germain Louis de CHAUVELIN, Marquis de Grosbois. Ce dernier obtient même du roi, en 1750, de faire raser les murailles et les tours du château à la hauteur du premier étage, en épargnant la tour Saint-Jean.

 

       ¤  En 1766, LOUIS XV, vrai propriétaire de Brie, échange avec son cousin, le Comte d'EU, petit fils de Louis XIV, le domaine de Brie contre d'autres terres près de Versailles. Louis Jean Mariede BOURBON, Duc de PENTHIEVRE, autre petit-fils de Louis XIV, hérite du domaine en 1775.

 

        Le 15 juillet 1789, le Baron de BESENVAL, Colonel de Gardes Suisses et commandant militaire de l'Ile de France, en fuite vers la Suisse, est arrêté par la milice de Villenauxe. L'Assemblée Nationale, avertie, refuse de libérer le baron et le fait incarcérer au château du 11 août au 7 novembre.

 

         ¤ La Révolution change momentanément le nom de BRIE-COMTE-ROBERT en BRIE-LA-VILLE puis en BRIE-SUR-YERRES, mais épargne son seigneur, le Duc de Penthièvre, dont la bonté et la charité étaient reconnues par tous. A sa mort en 1793, le domaine passe à sa fille Louise Marie Adélaîde de Bourbon, Duchesse d'Orléans, épouse de Philippe Egalité.

             Dernier seigneur de Brie, la Duchesse d'Orléans ne conserve le domaine que quelques mois. Confisqué par la Nation, il est mis en vente en septembre 1793, c'est la vente des biens natinaux. Le château est racheté par la Municipalité en 1922 et classé Monument Historique en 1925.

 

                           LES AMIS DU VIEUX CHATEAU DE BRIE  - 1998

 

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